La part AMC désigne la fraction des frais de santé prise en charge par votre assurance maladie complémentaire (mutuelle, prévoyance ou contrat collectif), après intervention de la Sécurité sociale. Elle complète la part AMO en couvrant tout ou partie du ticket modérateur et, selon le contrat, les dépassements d’honoraires. Le tiers payant AMC permet d’éviter l’avance de frais sur cette part, à condition que l’organisme soit identifié via son numéro AMC.
Le remboursement d’un acte de soin fait intervenir deux niveaux distincts : la Sécurité sociale, qui couvre une base légale, et l’organisme complémentaire, qui prend le relais sur ce que la première laisse à charge. La part AMC correspond précisément à ce second niveau. Comprendre son fonctionnement permet d’anticiper le reste à charge réel, notamment dans les situations où le tarif du praticien dépasse le tarif de convention.
- Définition de la part AMC et rôle de l’assurance complémentaire
- Part AMC et part AMO : comment se répartit le remboursement
- Tiers payant AMC : comment éviter l’avance de frais
Définition de la part AMC et rôle de l’assurance complémentaire
La part AMC (Assurance Maladie Complémentaire) est la fraction des dépenses de santé remboursée par un organisme complémentaire : mutuelle, société d’assurance, institution de prévoyance ou contrat collectif d’entreprise. Elle intervient après que l’Assurance maladie obligatoire (AMO) a versé sa part, sur la base du tarif de convention fixé par la Sécurité sociale.
L’AMC peut prendre plusieurs formes contractuelles, selon la définition de la mutuelle santé selon Service-Public :
- Contrat individuel : souscrit directement par l’assuré auprès d’une mutuelle ou d’un assureur.
- Contrat collectif : mis en place par l’employeur, obligatoire pour les salariés depuis la loi du 14 juin 2013.
- Complémentaire Santé Solidaire (CSS) : dispositif d’aide à la complémentaire pour les personnes à faibles ressources, avec ou sans participation financière selon les revenus du foyer.
Sur une feuille de soins, la part AMC est identifiée grâce au numéro AMC (également appelé code prestataire AMC), qui correspond à l’identifiant de l’organisme complémentaire auprès du réseau de télétransmission. Ce numéro ne doit pas être confondu avec le numéro de sécurité sociale (NIR) de l’assuré : le numéro AMC identifie l’organisme, non la personne.
Pour comprendre comment la mutuelle santé et la part complémentaire s’articulent avec les garanties légales, examiner concrètement la répartition entre AMO et AMC sur un acte courant.
Part AMC et part AMO : comment se répartit le remboursement
Le système de remboursement français repose sur une logique de superposition : l’AMO intervient en premier sur la base de remboursement (BRSS, tarif de convention), puis l’AMC couvre tout ou partie de ce que la Sécu laisse à charge.
Le mécanisme AMO/AMC sur un cas concret
Pour une consultation chez un médecin généraliste en secteur 1, le tarif de convention est fixé à 30 €, selon les barèmes Ameli en vigueur. La répartition est la suivante :
- La Sécurité sociale (AMO) rembourse 70 % du tarif de convention, soit 21 €.
- Le ticket modérateur représente les 30 % restants, soit 9 €, c’est la portion que l’AMC peut prendre en charge selon le contrat.
- Sans complémentaire, ces 9 € restent entièrement à la charge de l’assuré.
- Avec une mutuelle couvrant le ticket modérateur, le reste à charge est ramené à 0 €.

Cette mécanique vaut pour le secteur 1. En secteur 2, le médecin pratique des dépassements d’honoraires au-delà du tarif de convention. L’AMO rembourse toujours 70 % de la base (30 € pour un généraliste), mais le dépassement n’est pas encadré. La part AMC peut couvrir une fraction de ce dépassement selon les garanties souscrites, mais aucun contrat complémentaire ne couvre la totalité des dépassements de manière universelle.
Les cas d’exonération du ticket modérateur
Dans certaines situations, le ticket modérateur est supprimé : la part AMO couvre alors 100 % du tarif de convention, et l’AMC n’a pas à intervenir sur ce poste spécifique. C’est le cas notamment pour les affections de longue durée (ALD), les soins liés à la maternité à partir du 6e mois de grossesse, ou encore les accidents du travail et maladies professionnelles, selon Ameli. Dans ces situations, le reste à charge éventuel provient uniquement des dépassements d’honoraires ou d’autres frais non couverts.
Le dispositif 100 % Santé constitue un cas particulier : les contrats AMC responsables sont tenus de couvrir intégralement le reste à charge sur le panier garanti (optique classe A, prothèses dentaires 100 % Santé, audioprothèses 100 % Santé), selon les obligations réglementaires en vigueur.
Tiers payant AMC : comment éviter l’avance de frais
Le tiers payant permet de ne pas avancer les frais de santé lors d’une consultation ou d’un acte médical. Ce mécanisme se divise en deux volets distincts : le tiers payant AMO (sur la part Sécurité sociale) et le tiers payant AMC (sur la part complémentaire). Les deux peuvent fonctionner simultanément, permettant alors une dispense totale d’avance de frais, ou séparément.
Fonctionnement du tiers payant sur la part complémentaire
Lorsque le tiers payant AMC est activé, le professionnel de santé transmet directement la demande de remboursement à l’organisme complémentaire via télétransmission, sans que l’assuré n’avance la part correspondante. Le règlement s’effectue directement entre le praticien et l’organisme AMC.
Plusieurs conditions sont nécessaires pour que ce mécanisme fonctionne :
- La présentation de la carte mutuelle ou la communication du numéro AMC pour l’identification de l’organisme complémentaire auprès du professionnel de santé.
- La compatibilité du système de facturation du praticien avec la télétransmission vers l’organisme AMC concerné, certains praticiens ne proposent pas le tiers payant AMC.
- L’appartenance éventuelle du praticien à un réseau de soins partenaire de la mutuelle, ce qui facilite la prise en charge directe.
Le tiers payant AMC n’est pas systématiquement disponible chez tous les professionnels de santé. Un praticien peut refuser de pratiquer le tiers payant sur la part complémentaire, indépendamment de son secteur conventionnel.
La bonne compréhension du numéro AMC pour la prise en charge complémentaire est essentielle : sans cet identifiant, la numéro AMC pour la prise en charge complémentaire ne peut être traitée automatiquement, et l’assuré devra avancer les frais avant remboursement par sa mutuelle.
La part AMC s’inscrit dans une architecture plus large de remboursement. Pour les soins dentaires, par exemple, des règles spécifiques s’appliquent en cas de remboursement dentaire avec deux mutuelles, situation qui peut concerner certains assurés bénéficiant d’une double couverture. Le fonctionnement du ticket modérateur reste la clé de lecture centrale pour anticiper ce que l’AMC est susceptible de couvrir sur chaque acte de soin.
Taux et tarifs Ameli en vigueur au 2026-06-03. Les barèmes peuvent évoluer avec la loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS).
| Acte | Tarif de convention | Part AMO (Sécu) | Ticket modérateur (part potentielle AMC) | Reste à charge sans AMC |
|---|---|---|---|---|
| Consultation médecin secteur 1 | 30 € | 21 € (70 %) | 9 € (30 %) | 9 € |
| Consultation médecin secteur 1, avec mutuelle ticket modérateur | 30 € | 21 € (70 %) | 9 € pris en charge AMC | 0 € |
| Consultation sage-femme (tarif de convention 26,50 €) | 26,50 € | 18,55 € (70 %) | 7,95 € (30 %) | 7,95 € sans AMC |
Questions fréquentes
Qu’est-ce que la part AMC sur une feuille de soins ?
La part AMC désigne le montant remboursé par l’assurance maladie complémentaire (mutuelle, prévoyance, contrat collectif) sur une feuille de soins, après déduction de la part prise en charge par la Sécurité sociale. Elle correspond généralement au ticket modérateur et, selon le contrat, à une fraction des dépassements d’honoraires. Sur la feuille de soins, elle est identifiée grâce au numéro AMC de l’organisme complémentaire.
Quelle est la différence entre la part AMO et la part AMC ?
La part AMO (Assurance Maladie Obligatoire) est remboursée par la Sécurité sociale sur la base du tarif de convention : pour une consultation à 30 € chez un médecin secteur 1, elle représente 21 € (70 %). La part AMC est versée par l’organisme complémentaire sur ce que l’AMO laisse à charge, soit le ticket modérateur de 9 €. Les deux parts sont complémentaires et non substituables : l’AMC ne peut intervenir qu’après l’AMO, et uniquement sur les actes pris en charge par la Sécurité sociale ou listés dans le contrat complémentaire.
Comment activer le tiers payant AMC pour éviter l’avance de frais ?
L’activation du tiers payant AMC repose sur la communication du numéro AMC (ou présentation de la carte mutuelle) au professionnel de santé lors de la consultation. Ce numéro permet au praticien d’identifier l’organisme complémentaire et de transmettre la demande de remboursement directement par télétransmission. Le tiers payant AMC n’est pas automatique : le praticien doit disposer d’un système compatible et accepter cette modalité de règlement. En cas de refus ou d’impossibilité technique, l’assuré avance la part complémentaire et se fait rembourser ultérieurement par sa mutuelle.



