Seules les lunettes de soleil avec correction prescrite par un ophtalmologiste peuvent être remboursées par la Sécurité sociale et la mutuelle, les solaires de mode sans correction ne sont jamais prises en charge. Une ordonnance médicale valide est indispensable : sans elle, aucun remboursement n’est possible, même si les verres sont teintés pour raison médicale. Le montant remboursé dépend du niveau de garantie optique du contrat mutuelle, et peut atteindre le remboursement intégral avec un équipement en classe A (100% Santé).
Le remboursement des lunettes de soleil avec la mutuelle repose sur un critère médical déterminant : la présence d’une correction optique prescrite. Comprendre cette distinction entre lunettes solaires correctrices et accessoires de mode permet d’anticiper ce que prennent réellement en charge la Sécurité sociale et la complémentaire santé, comme le détaille le guide général sur le remboursement des lunettes par la mutuelle.
- Lunettes de soleil correctrices ou accessoire de mode : une distinction qui change tout
- Ce que rembourse la Sécurité sociale pour des lunettes de soleil correctrices
- Ce que prend en charge la mutuelle selon son contrat
- Exemple concret : combien rembourse-t-on pour des lunettes de soleil correctrices ?
- Démarche pratique pour obtenir le remboursement
Lunettes de soleil correctrices ou accessoire de mode : une distinction qui change tout
Le système de remboursement optique repose sur un principe fondamental : seuls les équipements ayant une vocation corrective médicale relèvent du remboursement par la Sécurité sociale et la mutuelle. Les lunettes de soleil sans correction optique, qu’elles soient achetées en pharmacie, chez un opticien ou dans n’importe quel commerce, ne font l’objet d’aucune prise en charge, selon Ameli.
Les lunettes de soleil avec correction, en revanche, sont traitées exactement comme des lunettes correctrices ordinaires dès lors qu’elles comportent des verres teintés correcteurs adaptés à la prescription de l’assuré. Le fait que les verres soient teintés n’affecte pas leur statut au regard du remboursement : c’est la correction qu’ils intègrent qui détermine l’éligibilité.
Cette distinction s’applique quelle que soit la teinte, la catégorie de protection solaire ou l’utilisation prévue (conduite, sport, usage quotidien). Une paire de solaires prescrite par un ophtalmologiste pour corriger une myopie relève du régime optique standard. Une paire achetée sans ordonnance, même de haute qualité, n’y accède pas. Le remboursement en cas de changement de correction suit les mêmes règles que pour des lunettes non teintées.
Ce que rembourse la Sécurité sociale pour des lunettes de soleil correctrices
Dès lors qu’une ordonnance ophtalmologiste valide accompagne l’achat, les lunettes de soleil correctrices ouvrent droit au remboursement de la Sécurité sociale selon les mêmes bases de remboursement (BRSS) que les lunettes de vue ordinaires, selon Ameli. Le taux appliqué est de 60 % de la BRSS pour les verres et la monture.
La BRSS de la monture adulte est fixée à 0,05 € par la Sécurité sociale. Le remboursement de la Sécu sur la monture s’élève donc à 0,03 € (60 % de 0,05 €), une somme symbolique qui reflète la logique du système : la Sécurité sociale prend en charge la fonction corrective, pas le cadre en lui-même.
Pour les verres, les BRSS varient selon la correction (type de verre, puissance, unifocal ou progressif). Ces barèmes sont les mêmes que pour des verres ordinaires, les verres teintés solaires correcteurs relevant des mêmes tarifs de convention, d’après Ameli. Les barèmes en vigueur sont disponibles sur le site Ameli consacré au remboursement optique.
La durée minimale entre deux renouvellements est en règle générale de deux ans, sauf évolution médicalement constatée de la correction, selon Service-Public.fr. Cette règle s’applique également aux lunettes de soleil correctrices : un renouvellement anticipé nécessite une nouvelle prescription attestant le changement de correction.
Ce que prend en charge la mutuelle selon son contrat
La mutuelle intervient en complément de la Sécurité sociale pour couvrir tout ou partie du reste à charge. Le montant pris en charge dépend directement du niveau de garantie optique prévu au contrat, qui détermine un plafond annuel de remboursement (verres + monture). Ce plafond varie d’un contrat à l’autre et n’est pas universel, selon Service-Public.fr.
Pour un équipement relevant du panier 100% Santé (classe A), la mutuelle est tenue de compléter le remboursement Sécurité sociale de façon à annuler tout reste à charge, à condition que l’opticien soit conventionné. Ce dispositif s’applique aux lunettes de soleil correctrices au même titre qu’aux lunettes de vue, à partir du moment où les verres et la monture respectent les critères de la classe A.
Pour un équipement en classe B (panier libre), la prise en charge mutuelle est variable. Certains contrats prévoient un plafond annuel global pour les équipements optiques, d’autres distinguent le remboursement des verres de celui de la monture. Le recours à un opticien agréé par la mutuelle peut permettre de bénéficier de plafonds majorés selon les réseaux de soins partenaires. Les lunettes mutualistes constituent une alternative permettant d’optimiser le reste à charge via certains réseaux.
Le plafond annuel de remboursement optique inscrit dans le contrat mutuelle s’applique à l’ensemble des dépenses optique de l’année civile, lunettes de soleil correctrices comprises. Un assuré ayant déjà consommé ce plafond pour une paire de lunettes de vue ne pourra plus en bénéficier pour des solaires correctrices la même année.
Exemple concret : combien rembourse-t-on pour des lunettes de soleil correctrices ?
Pour illustrer le mécanisme, prenons un équipement en classe B (panier libre) comprenant des verres teintés correcteurs et une monture. Le prix total chez l’opticien dépend des choix de l’assuré et de l’enseigne, mais la décomposition du remboursement suit une logique constante.
La Sécurité sociale rembourse 60 % de la BRSS pour chaque verre selon sa correction, et 0,03 € sur la monture (60 % de la BRSS monture fixée à 0,05 €). Cette part Sécu est généralement modeste au regard du prix réel de l’équipement, ce qui rend la mutuelle déterminante dans la prise en charge finale.
La part couverte par la mutuelle dépend du plafond optique annuel du contrat. Une garantie intermédiaire peut prévoir, par exemple, une prise en charge des verres jusqu’à un certain niveau ; une garantie élevée peut couvrir jusqu’à l’intégralité du reste à charge. Le reste à charge final pour l’assuré correspond à la différence entre le prix opticien, le remboursement Sécu et la part mutuelle, il varie selon le contrat souscrit.
Pour une paire en classe A (100% Santé), le mécanisme est différent : la mutuelle est contractuellement tenue de compléter le remboursement Sécurité sociale jusqu’à zéro reste à charge, sous réserve que l’opticien soit conventionné et que l’équipement respecte les critères de la classe A.
| Type de lunettes de soleil | Remboursement Sécurité sociale | Remboursement mutuelle | Condition préalable |
|---|---|---|---|
| Solaires SANS correction | Non remboursé | Non remboursé | Aucun remboursement possible |
| Solaires correctrices, classe A (100% Santé) | 60% du tarif de convention | Complète (RAC = 0 €) | Ordonnance ophtalmologiste + opticien conventionné |
| Solaires correctrices, classe B (panier libre) | 60% de la BRSS (verres + 0,03 € sur monture) | Variable selon contrat | Ordonnance ophtalmologiste |
| Solaires correctrices, réseau agréé mutuelle | 60% de la BRSS | Plafond majoré selon réseau | Ordonnance + opticien partenaire |
Données Ameli et ministère de la Santé en vigueur au 2026-08-17. Les BRSS et conditions peuvent évoluer selon les lois de financement de la Sécurité sociale.
Démarche pratique pour obtenir le remboursement
La première étape est la consultation chez un ophtalmologiste, qui seul peut délivrer une ordonnance valide pour des lunettes de soleil correctrices. Sans cette ordonnance, aucune prise en charge par la Sécurité sociale ni par la mutuelle n’est possible, quelle que soit la nature des verres. L’ordonnance précise la correction et sa validité, conformément aux règles en vigueur selon Service-Public.fr.
Le choix de l’opticien a une incidence directe sur le niveau de remboursement mutuelle. Un opticien appartenant au réseau agréé de la mutuelle peut appliquer des plafonds de remboursement majorés sur certains équipements. En dehors du réseau, le contrat applique son tarif de base, souvent moins avantageux pour le panier libre.
Le tiers payant permet d’éviter l’avance de frais sur la part Sécurité sociale, et sur la part mutuelle si l’opticien est partenaire du réseau. La carte Vitale et la carte de tiers payant mutuelle sont présentées au moment de l’achat. En dehors du réseau agréé, la part mutuelle fait l’objet d’un remboursement différé après envoi des justificatifs.
Le délai minimum de deux ans entre deux renouvellements s’applique sauf évolution médicalement justifiée de la correction. Ce délai est calculé par rapport à la date d’achat du précédent équipement, lunettes de vue et lunettes de soleil correctrices confondues, selon les règles de prise en charge du remboursement lunettes tous les 2 ans en année civile. Le détail des plafonds applicables à la monture est consultable dans l’article sur le plafond annuel de remboursement optique.
Questions fréquentes
Les lunettes de soleil correctrices sont-elles remboursées comme des lunettes de vue ordinaires ?
Oui, les lunettes de soleil avec correction sont remboursées exactement selon les mêmes règles que les lunettes de vue ordinaires : mêmes BRSS, même taux de 60 % pour la Sécurité sociale, mêmes plafonds de garantie optique pour la mutuelle. Le fait que les verres soient teintés n’entraîne ni majoration ni réduction du remboursement. Les conditions d’éligibilité sont identiques : ordonnance valide, délai de renouvellement respecté, opticien agréé pour le 100% Santé.
Faut-il une ordonnance ophtalmologiste pour se faire rembourser des lunettes de soleil ?
Une ordonnance ophtalmologiste est obligatoire pour tout remboursement de lunettes de soleil correctrices par la Sécurité sociale et la mutuelle, selon Ameli. Cette ordonnance atteste la correction nécessaire et conditionne l’éligibilité à la prise en charge. Sans ordonnance valide, même des verres teintés avec correction ne peuvent faire l’objet d’un remboursement. Les règles de validité de l’ordonnance dépendent de l’âge de l’assuré et de l’évolution de la correction.
La mutuelle rembourse-t-elle les lunettes de soleil sans correction ?
Non. Les lunettes de soleil sans correction ne sont prises en charge ni par la Sécurité sociale ni par aucune mutuelle santé, quelles que soient les garanties du contrat. Cette exclusion est absolue : aucune clause contractuelle ne peut prévoir le remboursement d’un équipement purement solaire sans vocation corrective. Seule la présence d’une correction prescrite par un ophtalmologiste ouvre droit au remboursement optique.



