Depuis le 1er janvier 2026, une nouvelle forme de consultation médicale a fait son entrée dans le système de soins français. Réservée aux patients de plus de 80 ans, elle répond à une réalité que les médecins généralistes signalaient depuis longtemps : certaines visites prennent bien plus de temps qu’une consultation ordinaire, sans pour autant être reconnues à leur juste valeur. La convention médicale 2024-2029 a tranché en créant la consultation longue à 60 €, cotée GL, qui s’inscrit dans trois situations précises. Ce dispositif s’adresse autant aux patients concernés qu’à leurs proches aidants, souvent en première ligne pour coordonner les soins et les démarches administratives liées au vieillissement.
- Une consultation longue créée pour mieux répondre aux situations complexes des patients âgés
- Les trois situations précises qui ouvrent droit à la cotation GL
- Quel remboursement pour la consultation longue à 60 € ?
- Comment s’articule la consultation longue avec les autres tarifs médicaux en vigueur ?
- Qui peut bénéficier de la consultation longue GL et dans quelles conditions ?
- Le rôle des complémentaires santé dans la couverture du reste à charge
- Ce que ce dispositif change concrètement pour les aidants et les familles
- Les tarifs des visites à domicile et téléconsultations pour les patients âgés
- Dépassements d’honoraires et frais annexes : ce que couvre vraiment votre mutuelle
- En bref
- Une consultation longue à 60 € est disponible pour les patients de plus de 80 ans depuis le 1er janvier 2026
- Elle couvre trois situations précises : sortie d’hospitalisation, déprescription médicamenteuse, et orientation médicosociale
- La prise en charge est assurée à 70 % par l’Assurance maladie, le reste par la complémentaire santé
Une consultation longue créée pour mieux répondre aux situations complexes des patients âgés
La médecine gériatrique le sait depuis longtemps : accompagner un patient de plus de 80 ans ne se résume pas à un examen rapide et une ordonnance renouvelée. Ces consultations mobilisent une écoute approfondie, une capacité d’analyse pluridimensionnelle et, souvent, la rédaction de documents administratifs conséquents. Pourtant, jusqu’à fin 2025, aucun acte spécifique ne valorisait ce temps supplémentaire dans la nomenclature des médecins traitants.
La consultation longue GL comble ce vide. Facturée 60 €, elle est réservée aux patients de plus de 80 ans dont la situation médicale relève d’une prise en charge particulièrement chronophage. Ce n’est pas simplement une consultation “plus longue” au sens banal du terme : elle correspond à des contextes cliniques identifiés, dans lesquels le médecin doit mobiliser des compétences spécifiques, croiser des informations de santé complexes et, parfois, coordonner des acteurs extérieurs au cabinet.
Pour les familles qui accompagnent un parent âgé, cette évolution représente une reconnaissance concrète du travail invisible accompli par les médecins traitants de proximité. La création de cette consultation dédiée aux plus de 80 ans marque un tournant dans la façon dont le système de soins aborde les enjeux du grand âge.

Les trois situations précises qui ouvrent droit à la cotation GL
La consultation longue n’est pas applicable sur simple demande. Elle répond à un cadre réglementaire strict, organisé autour de trois contextes cliniques distincts, chacun associé à un code de cotation propre. Cette architecture permet d’éviter toute utilisation abusive tout en ciblant les moments où ce type d’accompagnement est réellement nécessaire.
GL1 : le suivi post-hospitalisation dans les 45 jours
Le retour à domicile après une hospitalisation est une période à risque pour les patients âgés. Les réhospitalisations précoces sont fréquentes, souvent liées à une mauvaise compréhension des nouvelles ordonnances, à une fragilité non détectée à la sortie ou à l’absence de coordination entre les équipes hospitalières et le médecin de ville. La cotation GL1 permet au médecin traitant de consacrer le temps nécessaire à cette consultation de suivi, dans les 45 jours suivant la sortie d’hospitalisation.
Ce délai de 45 jours est suffisamment large pour s’adapter aux situations où le patient a besoin de quelques semaines avant de retrouver la mobilité suffisante pour se déplacer au cabinet. Une visite à domicile peut également être envisagée dans ce cadre, avec les majorations tarifaires correspondantes.
GL2 : la déprescription chez les patients hyperpolymédiqués
Un patient suivi pour plusieurs pathologies chroniques peut se retrouver avec dix lignes de traitement ou plus sur son ordonnance. Cette situation, appelée hyperpolymédication, augmente significativement le risque d’interactions médicamenteuses, de chutes et d’effets indésirables. La cotation GL2 concerne précisément ces profils : elle autorise le médecin à facturer une consultation longue dans le cadre d’un travail de révision et de réduction des traitements.
Cette démarche s’appuie sur un bilan de médication préalablement prescrit. Ce n’est donc pas une simple relecture d’ordonnance : il s’agit d’une analyse structurée, souvent menée en lien avec un pharmacien, pour identifier les médicaments redondants, inappropriés ou potentiellement dangereux pour un patient âgé fragile.
GL3 : l’orientation vers un parcours médicosocial
La troisième situation ouvrant droit à la cotation GL concerne l’entrée dans un dispositif d’aide à l’autonomie. Lorsqu’un patient âgé a besoin de l’Allocation Personnalisée d’Autonomie (APA), son médecin traitant doit constituer un dossier médico-administratif détaillé. Ce travail, souvent méconnu des familles, représente un investissement de temps considérable. La cotation GL3 reconnaît et valorise cette contribution, en lien direct avec les enjeux du maintien à domicile.
Pour les aidants familiaux, cette reconnaissance est particulièrement bienvenue : le médecin traitant devient un acteur central dans l’accès aux aides sociales, ce qui suppose un temps de consultation bien supérieur à la moyenne. Selon les informations disponibles sur la nomenclature des médecins généralistes, chaque code GL est facturable une seule fois par an et par patient dans chacune de ces trois situations.
Quel remboursement pour la consultation longue à 60 € ?
La question du reste à charge est souvent la première que se posent les familles confrontées à une nouvelle tarification médicale. Pour la consultation longue GL, la mécanique de remboursement suit le schéma classique de l’Assurance maladie, avec quelques points importants à connaître.
| Acteur | Montant pris en charge | Conditions |
|---|---|---|
| Assurance maladie | 42 € (70 % de 60 €) | Médecin traitant, parcours de soins respecté |
| Participation forfaitaire patient | – 1 € | Déduite du remboursement Ameli |
| Complémentaire santé (mutuelle) | Jusqu’à 18 € | Selon le niveau de garanties souscrit |
| Reste à charge patient | Variable selon la mutuelle | Potentiellement nul avec une bonne couverture |
Sur les 60 € facturés, l’Assurance maladie rembourse donc 70 % du tarif de convention, soit 42 €, auxquels s’applique la participation forfaitaire d’un euro. Le solde restant — environ 18 € — revient en théorie à la complémentaire santé, selon les garanties souscrites par le patient.
Pour les assurés bénéficiant d’une prise en charge à 100 % (exonération totale du ticket modérateur liée à une ALD, à la CSS ou à d’autres dispositifs), la consultation peut être intégralement couverte sans reste à charge. Comparer les niveaux de garantie de sa mutuelle devient donc un réflexe utile, notamment pour les personnes dont le médecin est susceptible de recourir fréquemment à ces consultations spécifiques. Un outil de calcul dédié aux mutuelles senior peut aider à estimer le niveau de couverture le mieux adapté.

Comment s’articule la consultation longue avec les autres tarifs médicaux en vigueur ?
Pour situer la consultation longue GL dans le paysage tarifaire de la médecine de ville, il est utile de rappeler les principaux barèmes en vigueur. En 2026, une consultation simple chez un médecin généraliste est facturée 30 €. Les visites dites “complexes”, comme le suivi de l’obésité sévère ou la prévention de certaines infections, atteignent 46 €. Les consultations très complexes — annonce d’un diagnostic grave, préparation à une greffe — sont, elles, déjà facturées 60 €.
La consultation longue GL s’inscrit donc dans la fourchette haute des tarifs conventionnels, sans pour autant constituer un dépassement. Elle se distingue des consultations très complexes par son ancrage dans des situations spécifiques au grand âge, et non dans des pathologies particulières. C’est la combinaison de l’âge du patient et du contexte clinique qui justifie la cotation, et non la complexité diagnostique en tant que telle.
À titre de comparaison, une consultation gériatrique facturée par un spécialiste en secteur 1 est désormais à 42 €, tandis qu’une consultation psychiatrique peut atteindre 57 €. Le tarif de 60 € pour la consultation longue du médecin traitant place donc cet acte à un niveau cohérent avec l’effort réel fourni, tout en restant dans le cadre du secteur conventionné.
Comparateur des tarifs de consultation médicale 2026
Remboursement Assurance Maladie — Taux de base 70 %
| Type de consultation | Catégorie | Tarif sécu | Remboursé (70 %) | Reste à charge | Taux pris en charge |
|---|
Qui peut bénéficier de la consultation longue GL et dans quelles conditions ?
La condition principale est l’âge : le patient doit avoir plus de 80 ans au moment de la consultation. C’est le médecin traitant — et non un spécialiste — qui pratique et facture cet acte. Cette restriction vise à renforcer le rôle du médecin de proximité dans le suivi des personnes âgées, en lui donnant les moyens de s’investir davantage dans les moments clés du parcours de soins.
La consultation doit correspondre à l’une des trois situations GL1, GL2 ou GL3 décrites précédemment. Elle ne peut pas être facturée en dehors de ce cadre, même si la consultation dure effectivement plus longtemps qu’une visite ordinaire. Chaque code est utilisable une seule fois par an et par patient : un même patient peut donc, en théorie, bénéficier des trois types de consultation GL sur une même année civile, si sa situation clinique le justifie.
Certains profils invalides peuvent également être concernés, selon les précisions apportées par les textes conventionnels. Pour les familles qui souhaitent vérifier si leur proche est éligible, le médecin traitant reste l’interlocuteur de référence. Les informations disponibles sur la présentation détaillée de cette consultation sur le site Apicil peuvent également servir de point d’appui avant un rendez-vous.
Le rôle des complémentaires santé dans la couverture du reste à charge
La part remboursée par l’Assurance maladie couvre 70 % du tarif de la consultation longue GL. Le solde restant — environ 18 € — constitue le ticket modérateur, normalement pris en charge par la complémentaire santé souscrite par l’assuré. Mais la réalité est plus nuancée : tout dépend du niveau de garanties choisi et des conditions générales du contrat.
Les contrats dits “responsables”, qui encadrent la majorité des mutuelles individuelles et collectives, prévoient en principe la couverture intégrale du ticket modérateur pour les actes médicaux remboursés par la Sécurité sociale. La consultation GL, cotée selon la nomenclature officielle et facturée dans le cadre conventionnel, entre dans cette catégorie. Un assuré disposant d’un contrat responsable standard devrait donc bénéficier d’un reste à charge nul ou proche de zéro.
Pour les personnes qui souhaitent mieux comprendre ce que couvre leur mutuelle sur les consultations chez le médecin, il est utile de relire les tableaux de garanties, notamment la ligne consacrée aux “consultations et visites du généraliste”. Les formules senior incluent parfois des garanties renforcées sur les actes gériatriques, les bilans de médication ou les frais annexes liés à la dépendance.
Par ailleurs, pour les personnes bénéficiant de la Complémentaire Santé Solidaire (CSS, anciennement CMU-C et ACS), la prise en charge peut atteindre 100 % sans reste à charge. Ce dispositif, accessible sous conditions de ressources, est particulièrement pertinent pour les personnes âgées dont les revenus sont limités à leur seule retraite.
Ce que ce dispositif change concrètement pour les aidants et les familles
Derrière la nomenclature et les codes de cotation, la consultation longue GL touche à une réalité très concrète : celle des familles qui accompagnent un parent vieillissant et qui peinent, parfois, à faire entendre la complexité de sa situation au système de soins. Un fils qui accompagne sa mère de 84 ans à chaque rendez-vous médical sait combien ces visites peuvent être denses — une liste de médicaments à réviser, une hospitalisation récente à analyser, un dossier APA à compléter.
La création de la consultation GL donne au médecin traitant un outil pour consacrer le temps qu’il faut à ces situations, sans rogner sur les rendez-vous des autres patients. Pour l’aidant, cela se traduit souvent par une consultation plus complète, moins précipitée, où les questions peuvent vraiment être posées. Cette amélioration qualitative est difficile à quantifier, mais elle est réelle.
Les soins de santé des personnes très âgées mobilisent souvent plusieurs intervenants : infirmières, kinésithérapeutes, pharmaciens, travailleurs sociaux. La consultation GL, notamment dans sa version GL3, encourage le médecin traitant à prendre le temps de coordonner ces acteurs plutôt que de traiter chaque problème de façon isolée. Pour les familles qui naviguent entre plusieurs dispositifs d’aide, ce rôle de coordination est souvent le plus attendu.

Les tarifs des visites à domicile et téléconsultations pour les patients âgés
La consultation longue GL peut-elle être réalisée à domicile ? La réponse est oui, sous réserve que le contexte clinique le justifie. Pour les patients de plus de 80 ans dont la mobilité est réduite, le médecin peut se déplacer au domicile. Les tarifs des visites à domicile en journée (entre 8h et 20h en semaine) se situent autour de 65 € en moyenne, auxquels s’ajoutent les majorations de déplacement. En soirée ou le week-end, ces tarifs peuvent atteindre 90 à 125 €.
Dans le cas d’une visite à domicile intégrant une cotation GL, le tarif de l’acte (60 €) s’ajoute aux frais de déplacement habituels, selon les règles de la nomenclature. La prise en charge par l’Assurance maladie reste identique sur la part correspondant à l’acte GL, mais les frais de déplacement suivent leurs propres règles de remboursement.
La téléconsultation, quant à elle, suit les mêmes tarifs qu’une consultation en face-à-face : 30 € pour un généraliste, remboursés à 70 % par la Sécurité sociale. Cependant, la question de l’applicabilité de la cotation GL à une téléconsultation reste soumise à l’appréciation des textes conventionnels. Dans les situations GL3 (dossier APA) ou GL2 (bilan de médication), la présence physique du patient semble difficile à contourner pour la qualité de l’examen.
Pour les personnes résidant dans des territoires peu dotés en médecins, les organisations coordonnées territoriales peuvent faciliter l’accès aux soins, notamment via des téléconsultations organisées en lien avec des structures de proximité. Ces dispositifs, mis en place par les médecins du territoire, permettent une prise en charge rapide en attendant la désignation d’un médecin traitant permanent.
Dépassements d’honoraires et frais annexes : ce que couvre vraiment votre mutuelle
La consultation longue GL est un acte conventionné, facturé au tarif opposable de 60 €. Un médecin de secteur 1, ou de secteur 2 signataire de l’OPTAM, ne peut pas appliquer de dépassement d’honoraires sur cet acte. En revanche, pour les médecins de secteur 2 non signataires de l’OPTAM, ou de secteur 3, les dépassements restent possibles et peuvent alourdir significativement le reste à charge.
Pour les patients dont le médecin traitant pratique des honoraires libres, il est utile de vérifier si la mutuelle souscrite couvre les dépassements d’honoraires, et à quelle hauteur. Certaines formules senior prévoient une prise en charge des dépassements allant de 100 % à 400 % de la base de remboursement de la Sécurité sociale. Un guide sur les dépassements d’honoraires peut aider à comprendre ces mécanismes avant de choisir ou de renouveler un contrat.
Au-delà du tarif de la consultation elle-même, les familles doivent aussi anticiper les frais connexes : médicaments prescrits lors de la consultation de déprescription GL2 (notamment les substituts ou les bilans biologiques), frais de transport, actes paramédicaux induits. Une mutuelle senior bien calibrée couvre ces postes de façon complémentaire, en particulier pour les personnes suivies pour plusieurs pathologies chroniques.
Questions fréquentes
Non, elle n'est pas automatique. Elle doit être déclenchée par le médecin traitant dans l'un des trois contextes précis : suivi post-hospitalisation (GL1), révision d'une ordonnance avec au moins 10 médicaments (GL2), ou constitution d'un dossier APA (GL3). C'est le médecin qui détermine si la situation correspond à l'un de ces cadres.
Chaque code GL est facturable une seule fois par an et par patient. Un patient peut donc théoriquement bénéficier des trois codes GL1, GL2 et GL3 au cours d'une même année civile, si sa situation le justifie pour chacun. Cela représente un maximum de trois consultations longues à 60 € par an.
Pour les assurés disposant d'un contrat responsable, la mutuelle couvre normalement le ticket modérateur restant après remboursement de l'Assurance maladie, soit environ 18 €. Le reste à charge peut donc être nul ou très faible. Pour les bénéficiaires de la Complémentaire Santé Solidaire, la prise en charge est intégrale. Tout dépend néanmoins des conditions spécifiques du contrat souscrit.
Non. La consultation longue GL est réservée au médecin traitant, qui est généralement un médecin généraliste. Les spécialistes, comme le gériatre ou le neurologue, disposent de leurs propres cotations spécifiques, mais ne peuvent pas utiliser le code GL prévu pour la médecine de ville.
Les textes conventionnels évoquent la possibilité d'une application à certains profils invalides, indépendamment de l'âge. Cette extension reste soumise aux conditions précises définies par la convention médicale. Pour savoir si vous êtes concerné, le médecin traitant reste le mieux placé pour évaluer votre éligibilité.



