Le remboursement de l’orthodontie par la Sécurité sociale est réservé aux enfants de moins de 16 ans, sous condition d’accord préalable obligatoire. Pour les adultes, l’Assurance Maladie ne prend rien en charge : seule la mutuelle complémentaire peut intervenir. Le traitement est remboursé par semestre, sur la base d’un tarif conventionnel fixé par l’Assurance Maladie, indépendamment du coût réel pratiqué par l’orthodontiste.
Le remboursement orthodontie repose sur une frontière d’âge stricte : 16 ans au début du traitement. En deçà, l’Assurance Maladie intervient selon un barème précis, semestre par semestre. Au-delà, les frais d’orthodontie relèvent entièrement du remboursement des soins dentaires pris en charge par la mutuelle. Comprendre ces deux logiques distinctes permet d’anticiper le reste à charge réel.
- Orthodontie enfant : ce que rembourse la Sécurité sociale avant 16 ans
- Accord préalable : la démarche obligatoire pour être remboursé
- Orthodontie adulte : aucun remboursement de la Sécurité sociale
- Ce qu’apporte la mutuelle complémentaire pour l’orthodontie
Orthodontie enfant : ce que rembourse la Sécurité sociale avant 16 ans
Pour les enfants dont le traitement orthodontique débute avant leur 16e anniversaire, l’Assurance Maladie prend en charge une partie des frais. La prise en charge s’effectue semestre par semestre, sur la base d’un tarif conventionnel fixé administrativement, distinct du coût réel facturé par l’orthodontiste.
Selon les barèmes Ameli sur le remboursement de l’orthodontie, la base de remboursement s’établit à 250 € par semestre pour les 6 premiers semestres de traitement, puis à 150 € par semestre à partir du 7e semestre. Le taux de remboursement appliqué est de 70 % de cette base, soit :
- 175 € par semestre pour les semestres 1 à 6 (70 % × 250 €)
- 105 € par semestre à partir du 7e semestre (70 % × 150 €)
Ces montants représentent le remboursement Sécurité sociale maximal, quelle que soit la somme effectivement facturée par l’orthodontiste. Les honoraires de ces praticiens sont libres : la facture réelle d’un traitement dépasse souvent très largement la base de remboursement. La différence constitue un dépassement d’honoraires que ni la Sécu ni la mutuelle ne couvrent automatiquement.
Les bénéficiaires de la Complémentaire santé solidaire (CSS) disposent d’une prise en charge à 100 % de la base de remboursement, sans reste à charge sur la part Sécu.
Accord préalable : la démarche obligatoire pour être remboursé
L’accord préalable de l’Assurance Maladie est une condition indispensable pour obtenir un remboursement du traitement orthodontique. Sans cet accord obtenu avant le début du traitement, aucune prise en charge ne sera accordée, même si l’enfant remplit les conditions d’âge.
La procédure se déroule en plusieurs étapes :
- L’orthodontiste établit un plan de traitement et un devis détaillé.
- Le dossier est constitué avec le formulaire S3150 (demande d’entente préalable) et le formulaire S3155 (devis du praticien), disponibles sur Ameli.
- Ces documents sont transmis à la CPAM dont dépend l’assuré, avant tout début de traitement.
- La caisse dispose de 15 jours pour répondre. En l’absence de réponse dans ce délai, l’accord est réputé tacite selon Ameli.
L’accord préalable est une condition nécessaire au remboursement, non suffisante : le traitement doit par ailleurs rester éligible aux critères de l’Assurance Maladie. La base de remboursement de l’orthodontie applicable est déterminée au moment de cet accord.
Orthodontie adulte : aucun remboursement de la Sécurité sociale
Dès lors que le traitement orthodontique débute à partir de 16 ans, l’Assurance Maladie n’assure aucune prise en charge. Ce principe s’applique quel que soit le motif médical ou esthétique du traitement, et quelle que soit la situation professionnelle de l’assuré.
Il existe une exception limitée : certaines malformations maxillo-faciales d’une gravité particulière peuvent faire l’objet d’une prise en charge hospitalière spécifique, dans un cadre réglementaire distinct de l’orthodontie standard de ville. Cette situation concerne un nombre restreint de cas.
Pour la grande majorité des adultes souhaitant corriger un problème d’occlusion ou d’alignement dentaire, la totalité du coût du traitement reste à leur charge, sauf intervention d’une mutuelle complémentaire. La prise en charge par les contrats de complémentaire santé varie selon les garanties souscrites, sans plancher légal imposé aux assureurs.
Les soins dentaires prothétiques relevant d’autres pathologies obéissent à des règles de remboursement distinctes, détaillées dans le cadre du remboursement des soins dentaires par l’Assurance Maladie.
Ce qu’apporte la mutuelle complémentaire pour l’orthodontie
La mutuelle joue un rôle différent selon l’âge du patient et la situation de départ.
Pour les enfants de moins de 16 ans
Après remboursement de la Sécurité sociale, le reste à charge correspond à la différence entre le coût réel du traitement et les 175 € (ou 105 €) remboursés par semestre. La mutuelle peut prendre en charge tout ou partie de ce reste à charge, selon le niveau de garanties souscrit.
À titre illustratif, sur la base des données Ameli : pour un traitement de 6 semestres avec une base de remboursement totale de 1 500 € (6 × 250 €), la Sécurité sociale rembourse 1 050 € (6 × 175 €). Le reste à charge avant intervention de la mutuelle s’élève donc à 450 € sur la part conventionnelle, auxquels s’ajoutent les éventuels dépassements d’honoraires non encadrés.
Les contrats de mutuelle expriment généralement leurs garanties dentaires en pourcentage de la base de remboursement ou via un plafond annuel en euros. Les conditions varient significativement d’un contrat à l’autre.
Pour les adultes de 16 ans et plus
La mutuelle constitue l’unique levier de prise en charge. Certains contrats prévoient une garantie orthodontie adulte ; d’autres l’excluent expressément ou la plafonnent à des montants modestes. Les délais de carence peuvent également s’appliquer pour les nouvelles souscriptions. Aucun contrat ne peut être présenté comme garantissant un remboursement intégral sans préciser ses conditions exactes.
Cas particulier : la Complémentaire santé solidaire
Pour les familles aux revenus modestes, la Complémentaire santé solidaire (CSS) prend en charge l’orthodontie des enfants à hauteur de 100 % de la base de remboursement de l’Assurance Maladie. Les modalités d’accès à ce dispositif sont précisées dans le guide sur la CSS et orthodontie.
Les bases de remboursement de l’Assurance Maladie peuvent évoluer d’une année à l’autre dans le cadre de la loi de financement de la Sécurité sociale. Les barèmes en vigueur sont consultables sur Ameli.

| Situation | Remboursement Sécurité sociale | Rôle de la mutuelle | Reste à charge |
|---|---|---|---|
| Enfant < 16 ans (traitement accepté) | 70 % de la base de remboursement par semestre | Complète le reste à charge selon garanties | Variable selon contrat mutuelle |
| Adulte ≥ 16 ans | 0 % (aucune prise en charge) | Seule source de remboursement possible | Potentiellement 100 % du coût |
| Enfant bénéficiaire CSS | 100 % de la base de remboursement | Non nécessaire pour la part Sécu | Proche de zéro selon contrat |
Le remboursement de l’orthodontie dépend donc entièrement de l’âge au début du traitement : avant 16 ans, la Sécurité sociale intervient selon un barème fixe et semestriel, tandis qu’après cet âge, seule la mutuelle peut couvrir une partie des frais. Cette distinction d’âge explique pourquoi une mutuelle complémentaire adaptée représente un levier majeur pour réduire le reste à charge, particulièrement chez l’adulte. Au-delà de l’orthodontie, d’autres soins dentaires comme le remboursement des implants dentaires par la mutuelle fonctionnent sur des logiques similaires et méritent d’être anticipés dans le choix d’une couverture complémentaire.
Questions fréquentes
L’orthodontie est-elle remboursée après 16 ans ?
La Sécurité sociale ne prend en charge aucun traitement orthodontique débutant à partir de 16 ans. Seule une mutuelle complémentaire peut intervenir, selon les garanties prévues au contrat. Les niveaux de couverture varient selon les contrats : certains excluent l’orthodontie adulte, d’autres prévoient un plafond annuel spécifique.
Quel est le montant remboursé par la Sécurité sociale pour un appareil dentaire ?
Pour un enfant de moins de 16 ans, la Sécurité sociale rembourse 70 % de la base de remboursement fixée par l’Assurance Maladie, soit 175 € par semestre pour les 6 premiers semestres (base 250 €) et 105 € par semestre à partir du 7e (base 150 €), selon les barèmes Ameli en vigueur. Ces montants s’appliquent indépendamment du tarif réel facturé par l’orthodontiste, dont les honoraires sont libres.
Comment obtenir l’accord préalable de l’Assurance Maladie pour un traitement orthodontique ?
L’orthodontiste établit un devis et un plan de traitement, accompagnés des formulaires S3150 et S3155. Ce dossier est envoyé à la CPAM avant tout début de traitement. La caisse dispose de 15 jours pour statuer ; sans réponse dans ce délai, l’accord est considéré comme tacite selon Ameli. Tout traitement débuté sans accord préalable obtenu exclut tout remboursement.



