Le remboursement d’un lit médicalisé par la Sécurité sociale est conditionné à une prescription médicale et à l’inscription du matériel sur la liste des produits et prestations (LPP). La prise en charge porte sur la location dans la majorité des cas ; l’achat n’est remboursé que dans des situations spécifiques définies par la LPP. La mutuelle complémentaire peut couvrir tout ou partie du reste à charge, et une entente préalable auprès de la CPAM est obligatoire avant toute démarche d’acquisition ou de location.
Le remboursement d’un lit médicalisé repose sur un cadre précis : la Sécurité sociale prend en charge 60 % du tarif de base fixé par la LPP, sous réserve qu’une prescription médicale ait été établie et qu’une entente préalable ait été accordée par la CPAM. Le remboursement des dispositifs médicaux par la mutuelle complète ensuite cette prise en charge selon le niveau de garanties souscrit.
- Les conditions pour obtenir le remboursement d’un lit médicalisé
- Ce que rembourse la Sécurité sociale : taux et modalités LPP
- La prise en charge par la mutuelle complémentaire
- Achat ou location : différences de remboursement
Les conditions pour obtenir le remboursement d’un lit médicalisé
Trois conditions cumulatives déterminent l’éligibilité au remboursement d’un lit médicalisé par la Sécurité sociale.
Une prescription médicale obligatoire
La prescription doit émaner d’un médecin prescripteur, généraliste ou spécialiste. Elle atteste du besoin médical justifiant le recours à ce type de matériel dans le cadre du maintien à domicile. Sans ce document, aucun remboursement n’est possible.
L’inscription sur la liste des produits et prestations (LPP)
La LPP est la liste officielle des matériels médicaux dont la prise en charge est prévue par l’Assurance maladie. Les lits médicalisés y figurent sous certaines spécifications techniques. Seuls les équipements conformes aux critères de la LPP ouvrent droit au remboursement ; un lit ne répondant pas à ces spécifications est exclu de la prise en charge, selon Ameli.
Une entente préalable auprès de la CPAM
Avant toute location ou tout achat, une demande d’entente préalable doit être transmise à la CPAM. Cette formalité administrative permet à l’Assurance maladie de valider la prise en charge avant que le matériel soit mis à disposition. L’accord de la CPAM conditionne le déclenchement du remboursement ; une acquisition réalisée avant cet accord ne donne pas droit à une prise en charge rétroactive, d’après Ameli.
Ce que rembourse la Sécurité sociale : taux et modalités LPP
La Sécurité sociale rembourse 60 % du tarif de base fixé par la LPP pour les matériels inscrits sur cette liste, dont les lits médicalisés. Ce tarif de base est établi par arrêté ministériel et peut évoluer annuellement via la loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) ou des arrêtés spécifiques.
Le ticket modérateur : les 40 % restants
La part non remboursée par la Sécu correspond au ticket modérateur, soit 40 % du tarif de base LPP. Cette fraction reste à la charge de l’assuré, sauf si sa mutuelle complémentaire la prend en charge ou si une exonération s’applique.
Les cas d’exonération du ticket modérateur
Dans certaines situations, le ticket modérateur est supprimé et la Sécurité sociale prend en charge l’intégralité du tarif de base LPP. C’est le cas notamment pour les assurés en affection de longue durée (ALD), en situation d’invalidité ou lors d’une hospitalisation prolongée, selon Ameli. La prescription médicale doit alors mentionner le lien avec la pathologie exonérante.
Cas concret : décomposition du remboursement en location

Pour une location de lit médicalisé facturée au tarif de base LPP, la Sécurité sociale prend en charge 60 % de ce tarif. Le ticket modérateur, soit les 40 % restants, incombe à l’assuré. Si ce dernier bénéficie d’une mutuelle dont les garanties couvrent le ticket modérateur sur les matériels médicaux, son reste à charge final peut être ramené à zéro. Sans mutuelle ou avec une couverture partielle, les 40 % du tarif LPP non remboursés par la Sécu restent à la charge de l’assuré. Ces proportions sont stables quel que soit le prestataire de location, dès lors que le matériel est facturé au tarif de base LPP.
La prise en charge par la mutuelle complémentaire
La mutuelle complémentaire intervient sur le reste à charge laissé par la Sécurité sociale après application du taux de 60 %. Son niveau de prise en charge dépend directement des garanties du contrat souscrit, telles que définies par Service-Public.fr dans sa présentation du rôle de la mutuelle complémentaire.
Les niveaux de garanties selon le contrat
Un contrat à garanties faibles peut ne rembourser qu’une fraction du ticket modérateur sur les matériels médicaux, laissant un reste à charge résiduel. Un contrat à garanties intermédiaires couvre généralement l’intégralité du ticket modérateur LPP, ramenant le reste à charge à zéro. Un contrat à garanties étendues peut également prendre en charge des dépassements éventuels en cas d’achat hors tarif LPP, selon les stipulations du contrat.
Où trouver les informations dans le contrat
Les garanties relatives au lit médicalisé se trouvent dans le poste “appareillage” ou “matériel médical” du tableau de garanties. Ce poste précise le taux de prise en charge du ticket modérateur et, le cas échéant, les plafonds applicables par année civile. La lecture de ce tableau permet de déterminer le reste à charge effectif avant toute démarche.
Achat ou location : différences de remboursement
La LPP distingue la location et l’achat selon la durée d’utilisation prévisible et la nature du besoin médical. Ces deux modalités n’ouvrent pas les mêmes droits au remboursement.
La location constitue la modalité habituelle pour les lits médicalisés. Elle est renouvelable sur prescription, et la Sécurité sociale prend en charge 60 % du tarif de base LPP par période de location. Pour les locations dont la durée dépasse six mois, une réévaluation médicale peut être demandée par la CPAM afin de confirmer la persistance du besoin.
L’achat n’est remboursé que dans des situations spécifiques définies par la LPP, généralement associées à un usage de longue durée ou à des besoins médicaux particuliers. Lorsque l’achat est pris en charge, le taux de remboursement Sécu reste de 60 % du tarif de base LPP. Le fait que l’achat soit moins souvent remboursé ne signifie pas qu’il est déconseillé de façon générale : le choix entre les deux modalités dépend du cas médical, de la durée d’utilisation prévisible et des recommandations du médecin prescripteur.
La prise en charge d’autres matériels médicaux en location, comme le fauteuil roulant, suit un cadre LPP similaire, avec des conditions et des tarifs de base propres à chaque matériel. Les règles LPP applicables à ces équipements peuvent évoluer via la PLFSS ou des arrêtés ministériels.
Les besoins de soins de rééducation à domicile accompagnent souvent le recours à un lit médicalisé, notamment en sortie d’hospitalisation ou dans le cadre d’une affection chronique. Ces soins font l’objet d’une prise en charge distincte par la Sécurité sociale, sur prescription médicale.
Données Ameli et LPP en vigueur au 17/05/2026
| Mode d’acquisition | Condition de remboursement | Taux Sécurité sociale | Rôle de la mutuelle |
|---|---|---|---|
| Location | Prescription + entente préalable + LPP | 60 % du tarif de base LPP | Complète le reste à charge selon garanties |
| Achat | Prescription + entente préalable + LPP (cas limités) | 60 % du tarif de base LPP | Complète le reste à charge selon garanties |
| Location longue durée (> 6 mois) | Réévaluation médicale possible | 60 % du tarif de base LPP | Variable selon contrat |
Questions fréquentes
Comment obtenir le remboursement d’un lit médicalisé par la Sécurité sociale ?
Le remboursement suppose trois étapes successives : obtenir une prescription médicale auprès d’un médecin, vérifier que le matériel envisagé est inscrit sur la LPP, puis déposer une demande d’entente préalable auprès de la CPAM avant toute location ou achat. L’accord de la CPAM conditionne la prise en charge ; les démarches de remboursement sont ensuite accessibles depuis l’espace assuré sur Ameli.
Faut-il une prescription médicale pour louer un lit médicalisé ?
Oui, la prescription médicale est une condition indispensable pour bénéficier du remboursement d’un lit médicalisé en location par l’Assurance maladie. Elle peut être établie par un médecin généraliste ou spécialiste, selon Ameli. En l’absence de prescription, la location reste possible mais aucune prise en charge par la Sécurité sociale ni par la mutuelle n’est applicable.
Quelle est la différence de remboursement entre achat et location d’un lit médicalisé ?
La location est la modalité de prise en charge habituelle prévue par la LPP pour les lits médicalisés ; elle est renouvelable sur prescription et remboursée à 60 % du tarif de base LPP par la Sécurité sociale. L’achat n’est remboursé que dans des situations spécifiques définies par la LPP, généralement liées à un usage de longue durée ; le taux de remboursement Sécu reste identique (60 % du tarif LPP), mais les conditions d’éligibilité sont plus restrictives. Dans les deux cas, la mutuelle peut prendre en charge le ticket modérateur restant selon les garanties du contrat.



