Chaussures orthopédiques : quel remboursement par la Sécurité sociale et la mutuelle ?

Paire de chaussures orthopédiques posée à côté d'une feuille de remboursement Sécurité sociale

Seules les chaussures orthopédiques sur mesure et les chaussures thérapeutiques de série sont remboursables par la Sécurité sociale, sur prescription médicale préalable obligatoire. La Sécurité sociale prend en charge 60 % de la base de remboursement fixée par la nomenclature LPPR ; la mutuelle peut couvrir tout ou partie du reste à charge selon les garanties du contrat. Les chaussures de confort, même vendues en pharmacie, ne donnent lieu à aucun remboursement.

Le remboursement des chaussures orthopédiques dépend avant tout de la catégorie du produit prescrit. Entre chaussures sur mesure, modèles thérapeutiques de série et chaussures de confort, les règles de prise en charge divergent significativement. La prescription médicale, le type d’appareillage et les garanties de la remboursement des chaussures orthopédiques par la mutuelle déterminent ensemble le reste à charge final.

  1. Chaussures orthopédiques, thérapeutiques et de confort : quelles différences de remboursement
  2. Conditions de remboursement par la Sécurité sociale
  3. Ce que prend en charge la mutuelle complémentaire
  4. Démarches pour obtenir le remboursement

Chaussures orthopédiques, thérapeutiques et de confort : quelles différences de remboursement

Trois catégories coexistent sous l’appellation courante de “chaussures orthopédiques”, mais elles n’ont pas le même statut au regard de l’Assurance maladie.

Les chaussures orthopédiques sur mesure sont fabriquées pour un patient précis, à partir d’une empreinte ou d’un moulage de son pied. Elles répondent à une pathologie spécifique et sont inscrites à la liste des produits et prestations remboursables (LPPR). Une prescription médicale est requise.

Les chaussures thérapeutiques de série (CTS) sont des modèles standardisés, produits industriellement mais conçus pour des indications médicales reconnues (pied diabétique, déformations importantes, etc.). Elles figurent également à la LPPR et sont remboursables sous prescription.

Les chaussures de confort, en revanche, ne répondent à aucune indication médicale formalisée au sens de la nomenclature. Elles ne sont inscrites ni à la LPPR ni à aucun autre dispositif de prise en charge. Selon Ameli, elles ne donnent lieu à aucun remboursement, ni par la Sécurité sociale ni par les mutuelles complémentaires.

Le tableau ci-dessous synthétise les différences essentielles entre ces trois catégories. Une version détaillée figure également en fin d’article.

Comparatif des trois catégories de chaussures par type de remboursement
Type Prescription requise Remboursement Sécurité sociale Mutuelle complémentaire Reste à charge indicatif
Chaussures orthopédiques sur mesure Oui (médecin) 60 % de la base de remboursement LPPR Variable selon contrat Variable
Chaussures thérapeutiques de série Oui (médecin) 60 % de la base de remboursement LPPR Variable selon contrat Variable
Chaussures de confort Non applicable Non remboursées Non remboursées 100 % du prix

Cette distinction est centrale : acheter des chaussures commercialisées comme “orthopédiques” sans prescription ni inscription à la LPPR n’ouvre aucun droit au remboursement, quelle que soit la mutuelle.

Conditions de remboursement par la Sécurité sociale

Pour qu’une paire de chaussures soit prise en charge par l’Assurance maladie, trois conditions doivent être réunies simultanément.

Une prescription médicale préalable obligatoire

La prescription doit être établie par un médecin avant l’achat. Cette règle est stricte : une ordonnance établie après l’acquisition ne permet pas d’ouvrir le droit au remboursement. Le médecin prescripteur peut être un généraliste, un spécialiste ou un chirurgien orthopédique selon la pathologie concernée. Un bilan podologique et remboursement peut précéder la prescription et orienter le choix du type d’appareillage.

L’inscription du produit à la nomenclature LPPR

L’équipement doit figurer sur la liste des produits et prestations remboursables (LPPR). C’est cette inscription qui détermine la base de remboursement retenue par la Sécurité sociale. Les règles de prescription des chaussures thérapeutiques selon Ameli précisent les conditions d’éligibilité selon le type de chaussure.

Le taux de remboursement applicable

La Sécurité sociale rembourse 60 % de la base de remboursement fixée par la nomenclature pour un assuré ordinaire. Le ticket modérateur (les 40 % restants) reste à la charge de l’assuré ou de sa mutuelle.

En cas d’affection longue durée (ALD) ou d’autres situations exonérantes reconnues par la Caisse primaire d’assurance maladie, la prise en charge peut atteindre 100 % de la base de remboursement. Les conditions d’exonération sont à vérifier directement auprès de la Sécurité sociale, les barèmes LPPR pouvant évoluer chaque année dans le cadre de la loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS).

Les semelles orthopédiques sont souvent prescrites conjointement avec les chaussures. Le remboursement des semelles orthopédiques obéit à des règles proches mais distinctes, également fondées sur la LPPR.

Ce que prend en charge la mutuelle complémentaire

La mutuelle complémentaire intervient sur le reste à charge que la Sécurité sociale ne couvre pas. Pour des chaussures thérapeutiques de série remboursables, ce reste à charge se décompose en deux éléments distincts.

Le ticket modérateur

Pour un assuré non exonéré, le ticket modérateur représente 40 % de la base de remboursement fixée par la LPPR. La mutuelle peut prendre en charge tout ou partie de ce montant selon les garanties souscrites. Certains contrats couvrent intégralement ce ticket modérateur ; d’autres n’en prennent qu’une fraction.

Les dépassements au-delà de la base de remboursement

Lorsque le prix réel de la chaussure dépasse la base fixée par la nomenclature, la différence constitue un dépassement que ni la Sécurité sociale ni la majorité des mutuelles ne couvre automatiquement. La prise en charge de ce dépassement dépend du niveau de garantie “appareillage” ou “orthopédie” du contrat.

Infographie décomposant le remboursement des chaussures thérapeutiques entre Sécurité sociale, mutuelle et reste à charge
Répartition indicative entre Sécurité sociale (60 % de la base LPPR), mutuelle (selon garanties) et reste à charge. Source : Ameli, nomenclature LPPR en vigueur au 2026-06-16.

La variabilité selon les contrats

Selon Service-Public.fr, le rôle de la mutuelle complémentaire est précisément de réduire le reste à charge après intervention de la Sécurité sociale. Mais l’étendue de cette couverture varie fortement d’un contrat à l’autre. Un contrat d’entrée de gamme peut se limiter au remboursement du ticket modérateur, tandis qu’un contrat plus complet couvre également une part des dépassements. Aucun contrat ne peut être présenté comme couvrant intégralement les chaussures orthopédiques sans vérification des garanties spécifiques. D’autres appareillages sur mesure, comme les bouchons d’oreille sur mesure et remboursement, suivent une logique de prise en charge comparable.

Le niveau réel de remboursement dépend donc de la combinaison entre le montant retenu par la LPPR, le prix pratiqué par le fournisseur et le niveau de garantie “appareillage podologique” du contrat de mutuelle. Les barèmes LPPR sont susceptibles d’évoluer annuellement dans le cadre du PLFSS.

Démarches pour obtenir le remboursement

Le circuit de remboursement suit un ordre précis dont le non-respect peut entraîner le refus de prise en charge.

Obtenir la prescription avant l’achat

L’ordonnance médicale est la première étape. Elle doit être émise par le médecin prescripteur avant tout achat. Le document précise le type de chaussure nécessaire (orthopédique sur mesure ou thérapeutique de série) et l’indication médicale justifiant la prescription.

Choisir un fournisseur agréé

Pour les chaussures orthopédiques sur mesure, la réalisation est effectuée par un orthopédiste-orthésiste conventionné. Pour les chaussures thérapeutiques de série, le fournisseur doit être habilité à délivrer des dispositifs médicaux inscrits à la LPPR (pharmacies, prestataires spécialisés). Le recours à un pédicure-podologue peut également intervenir dans le suivi et l’adaptation de l’appareillage.

Constituer et transmettre le dossier

La facture détaillée et l’ordonnance originale sont à conserver. La transmission à l’Assurance maladie s’effectue via le circuit habituel (feuille de soins papier ou télétransmission). Le tiers payant est possible chez certains fournisseurs conventionnés, évitant l’avance de frais sur la part Sécurité sociale. La part complémentaire est ensuite transmise à la mutuelle, généralement par le biais de la télétransmission automatique si le contrat le prévoit.

Le suivi des remboursements est consultable sur l’espace Ameli pour suivre ses remboursements, qui retrace l’ensemble des actes et remboursements enregistrés par la Sécurité sociale. Le remboursement d’autres dispositifs médicaux appareillés, comme le remboursement du fauteuil roulant, suit un circuit administratif similaire, avec des barèmes LPPR spécifiques à chaque type d’équipement.

Remboursement des chaussures orthopédiques : synthèse par type d’équipement
Type de chaussure Prescription requise Remboursement Sécurité sociale Mutuelle complémentaire Reste à charge
Chaussures orthopédiques sur mesure Oui (médecin) 60 % de la base de remboursement Variable selon contrat Variable
Chaussures thérapeutiques de série Oui (médecin) 60 % de la base de remboursement Variable selon contrat Variable
Chaussures de confort Non applicable Non remboursées Non remboursées 100 % du prix
Données Ameli et nomenclature LPPR en vigueur au 2026-06-16

Questions fréquentes

Quel est le montant du remboursement des chaussures orthopédiques par la Sécurité sociale ?

La Sécurité sociale rembourse 60 % de la base de remboursement fixée par la nomenclature LPPR pour les chaussures orthopédiques sur mesure et les chaussures thérapeutiques de série. Les 40 % restants (ticket modérateur) sont à la charge de l’assuré ou de sa mutuelle. En cas d’affection longue durée (ALD) reconnue, la prise en charge peut atteindre 100 % de la base LPPR. Les barèmes exacts sont disponibles sur Ameli et susceptibles d’évoluer chaque année dans le cadre du PLFSS.

Faut-il une prescription médicale pour se faire rembourser des chaussures orthopédiques ?

Oui, une prescription médicale est indispensable et doit impérativement être établie avant l’achat. Sans ordonnance préalable, aucun remboursement n’est possible, quelle que soit la catégorie de chaussure. Le médecin prescripteur doit préciser le type d’appareillage requis en lien avec la pathologie diagnostiquée.

Les chaussures de confort sont-elles remboursées par la mutuelle ?

Non. Les chaussures de confort ne figurent pas à la nomenclature LPPR et ne donnent lieu à aucun remboursement ni par la Sécurité sociale ni par les mutuelles complémentaires, quelle que soit la qualité des garanties souscrites. Cette exclusion s’applique même si les chaussures sont vendues en pharmacie ou présentées comme “orthopédiques” à titre commercial. Seules les chaussures thérapeutiques de série et les chaussures orthopédiques sur mesure prescrites par un médecin sont remboursables.


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